La Constellation du Chien, Peter Heller, 2012.

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Hig n’est pas fait pour le nouveau monde qui est apparu après l’épidémie, il rêve trop, trop doux, trop sensible, pas assez endurci pour affronter les hordes sauvages qui se pressent aux portes de leur campement. Heureusement que Bangley est là, son seul compagnon, vieil homme bourru et impitoyable qui trouve un regain d’assurance dans l’organisation méticuleuse de chaque parcelle de leur forteresse. C’est cette partition qu’explore La Constellation du Chien, à la fois cette bestialité constante qui n’épargne personne et ce retour contemplatif à la nature, avec les vols de reconnaissance en avion autour des villes brûlées, les parties de pêche, le retour à l’agriculture. Hig parcourt ce nouvel univers, bercé par la mélancolie du passé, perdu dans sa solitude affective, avec son chien et son acolyte peu bavard, entrecoupé de combats et de luttes pour défendre leur territoire.

Extrait:

J’étais une coquille. Vide. Portez-moi à votre oreille et vous entendrez le ressac lointain d’un océan fantôme. Le néant, c’est tout. La plus infime pression du courant ou de la marée pourrait me renverser, me chavirer. Je m’échouerais. Ici sur ce rivage, je m’assécherais et blanchirais et le vent me décaperait et me durcirait, arracherait les fines couches de l’épiderme jusqu’à ce que je sois cassant, de l’épaisseur du papier. Jusqu’à ce que je m’effrite dans le sable. Voilà comment je me sentais. Je dirais que c’était un soulagement enfin de n’avoir rien, rien, mais j’étais trop creux pour assimiler ce soulagement, trop vide pour le porter.  

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